Simulation pédagogique. Les résultats sont indicatifs et sans valeur contractuelle ; ils ne constituent pas un conseil personnalisé.
Le montant sur votre relevé ne bouge pas. C'est ce qu'il permet d'acheter qui diminue, et ce mouvement est silencieux : aucune ligne du relevé ne s'appelle « inflation ». À 2 % par an, la cible que se fixe la Banque centrale européenne, un capital laissé en compte perd près d'un cinquième de son pouvoir d'achat en dix ans, un tiers en vingt. Rien de spectaculaire une année donnée. Mais la perte se cumule, et elle ne se rattrape pas.
On objecte souvent le livret. Un livret à 3 % pendant que les prix montent de 3 % ne rapporte rien : il conserve, au mieux. Le seul chiffre qui compte pour votre patrimoine est le rendement réel, c'est-à-dire le rendement affiché moins l'inflation. La plupart des placements dits « sans risque » ont un rendement réel proche de zéro, parfois négatif. Ils sont utiles pour l'épargne de précaution. Ils ne le sont pas pour le reste.
Le simulateur ci-dessus mesure l'inflation de ces cinquante dernières années, une période plutôt calme. La suite de cette page remonte plus loin. Six siècles d'histoire du franc montrent que la perte de valeur d'une monnaie n'est pas un accident de parcours mais sa trajectoire normale, avec des accélérations brutales que personne n'avait annoncées. C'est la raison pour laquelle une épargne de long terme doit être détenue en actifs, immobilier, actions, entreprises, plutôt qu'en monnaie. Le reste est une question d'allocation, et c'est un métier.
Quantité d'or fin qu'achète un franc. Jusqu'en 1969, c'est la loi qui la fixe : dix francs se succèdent, chacun plus léger que le précédent. Après 1976, plus aucune définition officielle : c'est le cours de l'or qui la mesure.
Avant l'inflation lente que mesure le simulateur, la France a connu deux effondrements monétaires complets. Les deux fois, la mécanique est identique : une émission de papier sans contrepartie suffisante, une confiance qui se retire, une épargne réduite à rien.
Premier papier-monnaie français. La banque de Law émet des billets bien au-delà de ses réserves de métal, et leur adosse la Compagnie des Indes, dont l'action s'envole dans une spéculation générale. En 1720, les porteurs veulent convertir leurs billets : la banque ne peut pas suivre, le système s'effondre en quelques mois. Ceux qui avaient tout placé en papier sont ruinés.
Gagés sur les biens du clergé confisqués, les assignats sont d'abord une créance sur l'État, puis une monnaie, puis une monnaie surémise pour financer la guerre. Leur valeur s'effondre au point qu'on brûle la planche à billets en 1796. Les mandats territoriaux qui les remplacent subissent le même sort en moins d'un an, avant le retour forcé à la monnaie métallique.
Cadrage : 1 € = 6,55957 F. La question revient donc à demander quand l'euro aura perdu environ 85 % de sa valeur par rapport à 2002, c'est-à-dire quand les prix auront été multipliés par 6,56.
Chemin déjà parcouru : entre 2002 et 2026, l'indice des prix INSEE a progressé d'environ 55 à 58 %. Il reste donc un facteur d'environ 4,2 à combler.
Avec la cible BCE tenue, c'est la fin du siècle. À titre de comparaison, le franc a mis environ 20 ans (1960-1980) pour diviser sa valeur par 3, et l'inflation cumulée 1960-2002 a multiplié les prix par près de 10, ce qui montre à quel point ces horizons sont sensibles à quelques décennies d'inflation élevée.
« J'ai écrit cette page parce que la question la plus fréquente à mon bureau n'est pas "où placer", mais "pourquoi bouger". L'histoire de la monnaie y répond mieux que moi. Si elle vous concerne, on peut en parler. »
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