Transmettre son patrimoine, à quel prix ?

Les droits de succession selon le lien de parenté et le montant reçu, et ce que change le temps.

Vue d'ensemble

Le taux moyen des droits, selon le lien et le montant reçu

Pour un même héritage, le taux moyen dépend d'abord du lien de parenté.

Non parent—
Neveu / Nièce—
Enfant—
Frère / Sœur—
Assurance-vie*—
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 200 € 2 000 € 20 000 € 200 000 € 2 M€ 20 M€ Montant de l'héritage reçu, échelle logarithmique Taux moyen d'imposition Non parent (dont concubin) Neveu / Nièce Frère / Sœur Enfant Assurance-vie* Conjoint marié ou pacsé
Taux moyen = droits dus ÷ montant reçu, calculé part par part avec le barème et les abattements en vigueur en 2026. * Assurance-vie : capitaux issus de primes versées avant 70 ans, abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà (CGI, art. 990 I). Ce régime ne vaut que pour les primes versées avant 70 ans ; un contrat investi en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Le conjoint marié ou pacsé est exonéré.

Les droits de succession ne portent pas sur le patrimoine du défunt pris dans son ensemble, mais sur la part nette reçue par chaque héritier. De cette part est d'abord retranché un abattement, dont le montant dépend du lien de parenté : 100 000 € pour un enfant, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, 1 594 € pour une personne sans lien de parenté. Le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés. Quand un enfant renonce, ses propres enfants se partagent son abattement : c'est ce que reçoivent les petits-enfants.

Le reste est soumis à un barème. En ligne directe, il est progressif, de 5 % à 45 % par tranches. Entre frères et sœurs, 35 % puis 45 %. Jusqu'au quatrième degré de parenté, 55 %. Au-delà, et entre personnes sans lien de parenté, 60 %. Plus le lien est éloigné, plus la part est taxée, quel que soit le montant.

Le graphique ci-dessus applique ces règles à la part reçue par un héritier, montant par montant. La suite de cette page détaille le barème, puis mesure ce que change une génération : les tranches et les abattements ne sont plus revalorisés chaque année, si bien qu'un patrimoine qui suit seulement les prix est taxé plus lourdement. Les donations du vivant, par exemple la donation-partage transgénérationnelle, obéissent aux mêmes abattements, reconstitués tous les quinze ans.

Barème officiel

Abattements et taux, lien par lien

L'abattement se retranche de la part reçue par chaque bénéficiaire ; le taux s'applique à ce qui reste. En ligne directe, le barème est progressif : chaque tranche de la part est taxée à son propre taux.

Lien avec le défuntAbattementTaux applicable
Enfant, père ou mère (ligne directe)100 000 €5 % à 45 %, par tranches
Petit-enfant, si son parent est vivant1 594 €5 % à 45 %, par tranches
Frère ou sœur15 932 €35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà
Neveu ou nièce7 967 €55 %
Non-parent, concubin1 594 €60 %
Conjoint marié, partenaire de PacsExonéré0 %
Ligne directe : fraction de la part netteTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Un enfant qui reçoit 300 000 € paie ainsi sur 200 000 € : 5 % sur les premiers 8 072 €, 10 % sur la tranche suivante, et 20 % sur la plus grande partie. Les tranches à 30 %, 40 % et 45 % ne concernent que les parts supérieures à 652 324 € après abattement.

Chaque abattement se reconstitue quinze ans après une donation. Les montants ci-dessus sont ceux en vigueur en 2026 : barème à l'article 777 du code général des impôts, abattements à l'article 779, exonération du conjoint et du partenaire de Pacs à l'article 796-0 bis.

Et une génération plus tard ?

Les tranches et les abattements ne sont plus revalorisés chaque année. Exemple : 500 000 € transmis à deux enfants, un patrimoine qui suit exactement l'inflation choisie, un barème qui reste celui de 2026.

de droits en plus, en euros d'aujourd'hui, parce que le barème n'a pas suivi les prix.

Simulation pédagogique. Les résultats sont indicatifs et sans valeur contractuelle ; ils ne constituent pas un conseil personnalisé.

Ce qu'il faut en retenir

Trois règles font l'essentiel du résultat.

01
Les droits se calculent part par part.Chaque bénéficiaire a son abattement et son barème. À patrimoine égal, deux bénéficiaires paient moins qu'un seul : deux abattements s'appliquent, et chaque part reste dans des tranches plus basses.
02
Le lien de parenté pèse plus que le montant.Un enfant paie de 5 % à 45 % après 100 000 € d'abattement ; un neveu, 55 % après 7 967 € ; un concubin, 60 % après 1 594 €. Le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés, le concubin ne l'est pas.
03
Le temps joue contre un barème figé.Les tranches et les abattements ne suivent plus l'inflation. À patrimoine réel constant, le taux moyen augmente d'une génération à l'autre. Les donations étalées dans le temps obéissent à d'autres règles, et chaque situation dépend aussi du régime matrimonial et de l'assurance-vie.
Amaury Fender
Amaury Fender
Conseiller en investissements financiers
Fondateur, Fender Patrimoine

« Les droits de succession ne se devinent pas, ils se calculent, bénéficiaire par bénéficiaire. Le montant compte, mais le lien de parenté et le calendrier des transmissions comptent davantage. C'est par là que commence une stratégie, avant tout choix de placement. »

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Simulateur · le constat L'inflation Ce que perd un capital laissé en monnaie, et six siècles d'histoire du franc. Article Renoncer à une succession Ce que reçoivent les petits-enfants quand un enfant renonce, et les points à vérifier avant. Article La donation-partage transgénérationnelle Fonctionnement et fiscalité d'une donation qui saute une génération.